06 avril 2013

"Voyage au-delà du corps"... La pleine conscience

Non, je ne vous ai pas oubliés. Simplement, le chemin de ces derniers mois est si profond, si singulier qu'il m'est difficile de fixer des pensées sur la toile de notre conscience commune. Et puis, je vous l'avoue, je m'amuse tellement que j'ai du mal à trouver le temps.

Mais là, il me semble qu'une étape de compréhension importante m'a traversé et qu'il est de ma responsabilité de vous l'ouvrir. Elle fait suite à la lecture fantastique (peut-être l'est-elle d'autant plus que je me suis remis à lire depuis six mois entre deux et trois livres par semaine. Et souvent des livres qui défont les frontières) de "Voyage au-delà du corps" de William Buhlman que je vous invite à lire.

Au fil de mes lectures sur l'Aura, la guérison par les mains, le livre Akashique, les Sept Rayons, la Physique Quantique, les études sur la Neuroscience, les Pyramides et les nombres, j'en suis venu à réaliser que nous sommes des créatures fascinantes. Il appartient à nos pensées, à notre imagination de créer le et les mondes qui nous entourent.

En partant de la découverte, en physique quantique, que le résultat dépend de l'observateur, que l'onde devient particule sous l'action du regard et qu'il est impossible de démontrer l'existence de quoi que ce soit sans la présence d'une conscience, et de l'autre côté du nombre incroyables d'expériences et de connaissances singulières qui se juxtaposent, se chevauchent, donc se contredisent, il me semble impossible de définir une réalité qui serait la même pour tous. Il y a DES réalités, chacune dépendant des croyances des individus.

Certaines sont communes, il est vrai, mais cela dans le sens où un plus grand nombre les véhiculent, un plus grand nombre y croit. Pourtant cela n'empêche pas certains de ne pas manger et ne pas boire depuis l'âge de sept ans, d'autres de léviter, d'autres de voyager à travers des dimensions non physiques, d'autres d'avoir vu Jésus ou Marie et de l'avoir même démontré en en faisant des photos. Pourquoi ? Pourquoi ces choses qui semblent antinomiques peuvent coexister ? Parce que si nous pouvons croire à quelque chose suffisamment, cela prend forme. C'est aussi simple que cela.

Bien sûr, depuis que j'ai compris cela et ça commence à faire un moment, ce n'est pas pour autant que j'ai réussi à cesser de manger, à voler ou encore je ne sais quelle chose extraordinaire, bien que je m'y sois essayé avec conviction. Pourquoi ? Parce que je pense que vivre dans un environnement donné nous impose des règles. Et même en sachant que l'on peut s'en défaire, le fait de les croiser sans arrêt rend le travail quasiment impossible. Rappelons-nous que nous avons aussi à faire avec notre partie inconsciente !

Mais cela raconte bien quelque chose. En sachant cela, en sachant que je créé le monde avec ma pensée, si je choisis cet environnement, c'est que je désire vivre cette expérience du plus profond de moi. Sinon il me suffirait d'aller ailleurs ! D'entrer dans un monastère ou d'aller rejoindre une culture qui croit en la malléabilité de notre réalité !

Ne rejetez pas votre monde. Regardez autour de vous comme vos croyances ont bâti votre univers. Vous avez pensé à votre maison, à vos objets avant de les avoir. Vous avez pensé qu'ils seraient durs à obtenir ou que vous auriez tout avec aisance et cela s'est produit. Et vous vivez à l'endroit où votre conscience et votre inconscience sont aujourd'hui. Et si c'est ainsi, c'est que c'est le meilleur endroit pour vous pour continuer à expérimenter ce que vous êtes venus expérimenter.

Ne croyez pas que cela changera ou se simplifiera après. Une fois morts. Parce que finalement, c'est juste l'entrée dans une autre dimension de conscience. Ceux qui croient fermement au Paradis, le trouveront. Ceux qui croient trouver des vierges s'occupant d'eux pour l'éternité, les trouveront. Ceux qui croient au néant le rencontreront. Tout est possible. Il s'agit donc de définir et de rendre réel vos choix, vos croyances et de prendre garde à vos pensées, à tout ce que vous pouvez formuler. Nous sommes beaucoup plus puissants que nous pouvons le mesurer.

Pour moi, nous sommes immortels. Pour moi, chaque passage dans une dimension et il y en a des milliards, est une expérience, un rôle de théâtre qui enrichi notre conscience. Je ne crois pas à l'évolution de l'âme dans le sens : "à chaque incarnation, je deviens plus aimant, plus gentil, plus sage." Je pense que Jésus a aussi joué le rôle du tyran comme nous tous et peut-être même récemment. Si c'est une terre d'expériences, le sage est celui qui a connu tous les états, tous les endroits, toutes les réalités. Aucune n'est meilleure qu'une autre quand on sort de la dualité. Et toutes ont leur place si nous acceptons que notre conscience ne disparaît jamais.

Par contre, oui, je crois qu'il y a évolution. Évolution de la conscience, évolution, dans le sens où génération après génération, nous prenons conscience que nous et nos univers sont toujours plus vastes. C'est ce que la science fait, que ce soit en physique, mais aussi les sciences humaines, technologiques, etc. Et il arrivera un jour où nous pourrons prendre conscience de la somme totale de nos expériences. Et il arrivera un jour où nous n'aurons plus besoin de l'oubli pour mieux jouer nos rôles. Parce que nous aurons joué tous les rôles ! Alors nous créerons autre chose. Quoi, je ne le sais. Mais quelque chose qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer aujourd'hui. Tout est histoire d'imagination. Tout.

Alors rejouissez-vous. Savourez ce que votre conscience à mis en place pour vous. Ne vous laissez pas gagner par ceux qui ont peur du changement. Tout change tout le temps ! Et si quelque chose vous attire, mesurez si cela vous attire vraiment, et si c'est le cas, faites le choix de vous l'offrir. Faites le choix d'y aller. Ne craignez rien. C'est un grand jeu. Et si quelque chose vous donne envie de hurler, hurlez ! C'est un grand jeu. Vous faites l'expérience du cri et c'est fantastique. C'est votre choix et c'est délicieux.

Je vous aime.

11 janvier 2013

Les Grands Bâtisseurs... Et les mots

Est-ce que si les bâtisseurs n'ont rien laissé sur leur passage, ce n'est pas parce que l'écrit est une dimension limitative ?

Je m'explique. Les mots sont tout autant de limites que ce que nous appelons la matière physique. Ils saisissent un flux d'informations, d'émotion qui arrive sous impulsion électrique et n'ont le choix qu'entre tel et tel concept pour se donner à l'autre. C'est un exercice que nous faisons depuis si longtemps que nous n'en mesurons même pas son impact. Mais, rien qu'énoncé ainsi, on mesure, je crois, les limites de l'outils. Suivant les langues, j'ai plus ou moins de mots. Suivant les langues, j'ai, quelques fois, la chance de pouvoir exprimer mes pensées en dessins. Permettant, certainement, un espace d'interprétation plus large, moins limitatif.

C'est exactement comme pour ce que nous voyons. Les choix, la simplification, la conceptualisation, là aussi, a du former, petit à petit, notre œil à simplifier l'expression de ce que cet outils magnifique est capable de recevoir. (Nous traduisons 2000 informations sur les 8 000 000 que nous recevons chaque seconde)

Alors, nous nous extasions que ce que nous observons correspondent si bien à ce que nous avons établi dans nos calculs, modes de vie, etc. La science trouve tout cela simplement extraordinaire ! Mais n'est-pas tout simplement évident ? Les mots, encore une fois, la traduction de cette complexité de flux, d'ondes, de signaux, par quelques concepts souvent assez globaux, ne nous empêchent-ils pas de faire autrement ?

Il faudrait faire l'effort pendant un mois de ne parler que par chant, par exemple. Traduire chaque état, chaque ressenti, par son expression sonore. Alors, au bout d'un certain temps, je suis sûr que nous commencerions à voir les choses d'un œil nouveau. Au sens propre du terme ! Les limites se dissiperaient et peut-être même percevrions-nous, tout ce qui nous entoure, sous forme d'ondes ?

Pour quoi faire, me diriez-vous ? Oui, pour quoi faire... Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui me pousse sans cesse à vouloir voir autrement. Je me dis souvent, moi aussi, que ça ne me mène nulle part. Que c'est une excuse pour ne pas gérer les aléas du quotidien. Au fond, si je suis venu là, je dois faire avec.

Oui, mais si ce monde est le fruit de mon imagination, alors je veux continuer à chercher à le créer plus ressemblant à ce que je souhaiterais qu'il soit ! Et pour cela, il y a une longue route de désapprentissage. Une longue route, souvent solitaire, où l'esprit, tentant de se joindre à l'émotion, ne recule devant aucune contradiction, devant aucun problème même s'il semble insoluble. Il les pointe, les soulève et passe des heures, des jours, des années à tenter de leur donner sens. Un sens propre.

Oui, mais de toute façon, je n'arrive pas à faire autrement. J'ai essayé. De faire taire les questions, de fermer les yeux, d'arrêter ma soif de lectures. De dire : "c'est ainsi" et de m'y tenir. Mais je n'y arrive pas. Immanquablement, je suis rattrapé par ces incessantes remises en question !

De ma fenêtre, je regarde avec affection les uns et les autres. Je m'émerveille devant la force de nos croyances. Quelles qu'elles soient ! Car nulle part ne semble exister de limites, sinon celles que nous nous imposons. Pourquoi un homme arrive-t-il à léviter, pourquoi un cadavre encore malléable, semblant être mort hier, se tient-il ainsi depuis plus de soixante ans, à l'air libre !? Certains êtres ne mangent pas, d'autres meurent de faim. Certaines personnes se réincarnent et le montrent par l'étendue de leurs souvenirs, d'autres se battent avec la mémoire cellulaire de leurs ancêtres. Certains parlent avec Dieu et en font des livres magnifiques, d'autres assurent par somme de calculs la réalité d'un démarrage de l'univers appelé "Big-Bang". Qui a tord, qui a raison ? Et si tout le monde avait raison ! Et si personne n'avait tord !

Alors comment envisager les jours qui viennent ? Comment s'y positionner ? Que chercher ? Que vouloir ? Comment mettre à profit le champs qu'ouvre ces possibilités ? S'agit-il de profiter de cette compréhension pour créer une réalité merveilleuse, mais toujours illusoire ou de lâcher prise, un cran plus loin, et de chercher par delà ces multiples possibles ? Une équation qui renfermerait tout, le tout ?! Insatiable Quête du Graal !

De cela, tout de même, une ou deux leçons.

- Juger quoi que ce soit ne rime à rien. Chaque jugement est un mur qui se dresse entre vous et l'immensité de vos possibles. Encore plus, si ce jugement est explicite. Car alors, il y va de notre honneur, de notre sérieux, de ne pas ciller devant ce que nous avons arrêté. Et nous changeons à chaque seconde !

- Croire au bien et au mal, au bon et au mauvais, au juste et à l'injuste ne fera que vous froisser au dedans. Des êtres meurent pour cela, à chaque instant. Des frères se déchirent. Des amants se crucifient. À quoi bon ? Je ne dis pas qu'on ne doive pas défendre sa réalité jusqu'à la mort, si c'est ce que nous devons faire, mais en sachant qu'elle n'est pas la bonne, la belle, la juste, mais juste la NOTRE. Celle qui nous convient le mieux.

- Il n'y a pas La réalité, mais des réalités : autant de réalités que d'êtres et il s'agit donc d'écouter et de se mettre vraiment en place de l'autre, si l'on veut avoir une chance d'entr'apercevoir une réalité différente de la notre. Personne ne fait rien pour faire du mal. Personne, je vous l'assure. Même si très souvent les conséquences sont désastreuses.

- S'il est envisageable que j'ai "tout choisi" - dans le sens où j'ai voulu croire - alors je peux essayer de vouloir croire à d'autres choses : à ce qui me fait du bien, à ce qui me rassure, à ce qui me fait rêver. Je ne perds rien à essayer. Et si ça continue à tourner comme je ne le souhaite pas, me dire qu'au fond quelque chose en moi le choisit, peut m'aider à traverser l'épreuve et à garder sur elle un regard distancié, donc rendant la douleur moins brûlante.

C'est tout pour aujourd'hui ?

J'ai envie de le croire. ;)

TRÈS BEAU LIVRE LU RÉCEMMENT :
"Conversations avec Dieu" tome 1 et surtout, oui surtout tome 3

 

06 octobre 2012

Amorcer la descente ! ou le retour sur scène ;)

Lever de soleil sur la banlieue parisienne...Et à nouveau la peau marquée au feu de l'égo. Revenir, redescendre, naître à nouveau, perdre encore, rester là ! Sentir la matière recoller les limites, une à une. Avoir faim, avoir peur, avoir soif. Mais pour la première fois, rester en même temps spectateur et pouvoir rire des codes fixés à l'or noir au fond de chacune de nos cellules.Je reviens d'un long voyage. Je reviens de la mort. Mais pas d'une mort glaciale et triste, non, de la mort vraie. Celle qui ouvre la porte à l'au delà. Celle qui vous propulse dans la dimension du bonheur sans limites, sans concessions. Celle qui décuple votre compréhension et la force de l'amour. Oui, la force de l'amour !Combien de vies, combien de gens, combien d'amour il aura fallu pour qu'un petit rien tel que moi puisse traverser les portes de l'illusion ? Je ne sais pas ! Sûrement bien plus qu'aucun instrument de mesure ne pourrait le dire. Sûrement bien plus que toutes les étoiles accrochées dans nos cieux de papier.Quel cadeau. Terrible et sublime. D'un côté, les autres, ceux avec qui vous avez passé votre vie à construire l'autel de votre personne et qui ne peuvent supporter de lâcher la moindre de vos lettres. De l'autre, l'autre, celui qui nous habite tous et qui parle d'une seule voix parmi tous les êtres et le vivant. Lui qui explose d'un seul élan toutes les limites. "Je" n'existe pas ! "Je" parle vos mots. "Je" pense vos pensées. "Je" est un agrégat formé de souvenirs et de peurs. "Nous" n'a pas de notions, ni de temps, ni d'espace. "Nous" est. Un point c'est tout ! Dans l'instant, il est. Partout, il est. Il ne pose pas la question, il est. Il aime. Chaque éclat de vie qui illumine l'espace. Et chaque éclat est nécessaire. Herbe comme moustique.Un jour, très bientôt, "nous" sera visible par chacun. Et chacun ne sera plus. Sauf pour rire. Sauf pour jouer. Notre vie, notre culture, nos sociétés, la nourriture, l'eau, les maisons, les voitures : un jeu ! Une grande scène où "Nous", en bon parent, nous laisse jouer. À la vie et à la mort. Comme au théâtre ! Quels acteurs magnifiques nous sommes ! Quelle beauté dans cette enfance qui court en tous sens. Si vous pouviez vous voir dans "Nos" yeux ! Les larmes perleraient de toutes vos cellules. Et vous remercieriez le ciel de nous avoir fait si ignorants ! Et de nous avoir laissé la place d'être ces immenses artistes. Le jeu ne connait pas de limites. Le rêve non plus. Les mots sont nos briques. Et nous sommes au moment où l'édifice est sur le point de nous ouvrir grand "notre" vérité. Celle qui me fait fou aujourd'hui et eux handicapés. Celle qui se passe de mots, du va et vient du souffle, de l'air, de la lumière...I'm Back !

10 septembre 2012

Deuxième réponse à Chaterley... Et certainement pas la dernière !

Réponse de Chaterley au message Être père (suite)... Devenir bodhisattva.

Et comme d'habitude ma réponse à la suite

 

"diverses remarques sur ton dernier texte

il n'y a pas de vrai route... Ça serait quoi une vraie route?

La mort est peut-être une porte,

sûre elle est un point final à la vie singulière d'un être humain.

La vie humaine est peut-être rien, vu d'ailleurs mais elle est vue d'ici comme une constellation unique... Elle est une trajectoire d'un système complexe engendré, entre naissance et mort, parsemée d'évènements d'être, de transmissions de créations, de points d'arrêts, de relances... petite constellation singulière qui fait advenir des éléments existentiels pour soi et les autres. Et même si c'est comme une étoile filante dans le temps de l'univers, pour nous humbles humains c'est intégré à notre univers existentiel comme des perles uniques qui participent de nos trajectoires vivantes.

Le "prêt à finir sur la croix", me hérisse... métonymie christique, moment humain historique d'un renfermement du temps..; vous attendiez celui laisse l'attente ouverte : avec moi, sur la croix, c'est fini...Je suis le sauveur.... tentative d'écraser le symbole du "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'ouverture", de la trouvaille, du temps, des problèmes qui vont avec mais qu'il faut surmonter de façon vivante pour soi et les autres.

Le bien et le mal existent , mais pas comme substance mais comme évènements avec lesquels nous devons dialoguer. Ce n'est pas la même chose... une bonne parole est une bénédiction... une malédiction est une parole mal dite. Cela va faire évènement qui fait mal.

Lesquelles de limites n'existent pas...?

un bord de route, suivie d'une profonde rigole, suivi d'un champs ou d'une forêt sont des entre-deux, des limites... l'horizon est une limite entre le ciel et la Terre ou la Mer perçue par quelqu'un qui porte son regard au loin. Même si cette démarcation est un effet c'est un code partagé par les humains qui aiment à regarder là où le ciel disparaît caché par le paysage terrestre.

Dans tes 5 lois... il en manque 5 :-)

chaque loi est aussi valable pour le sujet qui les prend en compte... donc te ne te tueras pas, tu ne te voleras pas, tu tenteras de ne pas te mentir à toi même,

si chaque mot proféré prend vie, en tout cas affecte ceux qui le reçoivent et ceux qui l'entendent, alors à mon avis il faut aussi un peu de tolérance pour soi et pour les autres. Ton envie d'imposer est peut-être une trouvaille momentanée pour surmonter et échapper à des points douloureux.. Si tu veux transmettre des forces existentielles, vivantes pour t'aider à dépasser tes peurs, ce ne devrait pas être en même temps obligés les autres à faire immédiatement le même chemin."

Chaterley

 

Ce qui est vrai... Ce qui est vrai est ce qui existe réellement. Mais il faut bien comprendre que la réalité est loin d'être la même pour tous. Elle dépend de votre bassin d'éducation, de votre culture, de votre travail sur vous-même, de votre humeur. N'avez-vous jamais remarqué que, suivant votre humeur, une tomate peut sembler excellente au point que vous prenez conscience qu'avant ce jour, vous n'en aviez peut-être jamais vraiment mangé.

Deux hommes avancent sur le même trottoir et font la même route. Un est préoccupé, l'autre est heureux. Il vient de rencontrer une femme qui lui fait penser que sa vie va pouvoir enfin prendre un nouveau cap. Ils croisent un lapin qui traverse la rue et entre par la lucarne d'un appartement. Le premier en arrivant chez lui répond à sa femme qui lui demande comment était sa journée : "Comme d'habitude ! Rien d'intéressant. Et je ne sais toujours pas comment nous allons pouvoir payer nos factures. Je suis si fatigué." Le second, en arrivant chez lui, appelle sa nouvelle amoureuse : "Chéri, c'était extraordinaire ! En sortant de chez toi, j'ai croisé un lapin. Oui, ici, à Paris ! On aurait dit qu'il était là pour moi! Tu connais la symbolique du lapin ? Mais si c'est vrai, je te jure !"

Les assertions de ces deux hommes sont vraies. Elles sont leur réalité, même s'il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'Emile, le petit du rez de chaussé ait oublié de fermer la cage de son lapin et que ce dernier ait pu s'enfuir.

Toutes nos réalités coexistent. Toutes, elles dépendent de mille facteurs. C'est ainsi. Il n'y a pas une vérité, mais ma vérité. Sauf qu'un jour, comme c'est mon cas, le "moi" cesse d'être présent à chaque instant et le me se transmue en le. Mais cela ne veut pas dire que vous deviez faire comme moi ! Et quand j'écris ici, je ne cherche à convaincre personne. Je partage ce que je vis et qui est en train de me rendre si heureux, si souvent.

Si vous aviez trouvé un médicament miracle ou une application iPhone qui soit vraiment révolutionnaire, vous voudriez la partager. Comme un bon livre. Vous allez informer ceux qui sont autour de vous. "j'ai trouvé un moyen d'être au présent tout le temps, de savourer chaque instant de la vie, d'aimer tout le monde !" Comment alors je pourrais vouloir le garder pour moi. Le reste, la façon dont vous le recevez, vous appartient. Vous parlez comme mon ex femme de mon manque de tolérance. Mais il s'agit de vous. Relisez, je ne dis, nulle part, celui qui fait telle chose est un con ! J'appelle même à aimer Bachar El Assad et Adolf Hitler comme s'ils étaient vos enfants. Pour un intolérant, c'est à se demander ce que veulent dire les mots ?! Comprenez-vous, vu ainsi, comme chaque chose que l'on dit sur ce qu'on reçoit de l'autre n'est que la façon dont nous pouvons le recevoir dans notre réalité, donc parle de nous-même et de rien d'autre ?

Comme pour les 5 principes... Il n'y a pas de différence pour moi entre le et je. Tout passe par moi. Quand j'arrête de mentir à l'autre, ce que est plus facile à faire que d'arrêter de se mentir à soi, car nous avons alors un support, en réalité, nous arrêtons de nous mentir à nous. Mais cela pour le vivre, il faut l'appliquer à la lettre. Alors on découvre un petit enfant qui se bat avec tous les outils inadéquat laissés par ses parents et le monde qui l'entoure. Et à partir de là, on peut commencer à se vivre. C'est aussi simple que ça. Et si ça marche pour moi, ça peut marcher pour vous. À vous de choisir ce que vous avez envie pour une fois ;)

Je vous aime. Et adore que vous continuiez à poser ces questions. Elles montrent que vous êtes sur la route et que tout cela vous touche, vous bouscule. Parce que ces mots résonnent en vous. Parce que votre réalité est, même si vous ne le savez pas encore, prête à entendre cela et vous aider à faire les pas vers le bonheur.

Bonne route ;))

03 septembre 2012

Être père (suite)... Devenir bodhisattva

Aujourd'hui je suis rentré dans ma maison. Après un mois et demi de voyage.

L'éveil que j'ai connu, cette nuit-là, dans mon hamac, alors que je comprenais que personne ne pouvait tromper personne, m'a mené sur une route où l'humanité entière et tous ses mots devenaient peu à peu invisibles, absents. Où le départ, nu, vers le néant semblait la seule route vraie.

Pourtant un petit être, attaché à ma chair, m'a permis de ne pas perdre le rôle d'être homme. Ma mission, ici bas, n'est pas encore finie. Elle, avec ses yeux plein de larmes et son menton fier, me l'a rappelé. "Si tu pars, papa, alors emmène-moi ! Je veux mourir comme tu décides de le faire. Maintenant !"

Bien sûr, cela n'enlève rien à ce que j'ai écrit ici pendant deux mois. Comme la mort, là où je suis, n'est rien d'autre qu'une porte vers un autre chapelet de corps et d'âmes. Et quand Rose m'a demandé de mourir, je n'ai pas hurlé, tant je comprenais qu'elle avait compris le peu d'importance que revêt nos vies humaines, nos lieux, nos égos.

Mais je suis ici et nous ne sommes pas deux. Mais quelques milliards. Mourir ensemble aux yeux du monde n'aurait pas été possible. Pas maintenant. Trop peu sont capables d'entendre ce qu'ils perçoivent sous le voile de l'éducation et de la peur.

Alors, j'ai réintégré mon habit d'homme, j'ai réintégré mon habit de père et je suis parti au combat. Comprenant que ma mission dorénavant serait d'être une passerelle entre les différents "je" et "Nous", un bodhisattva, prêt à finir sur la croix puisque les mots vrais font trop peur, mettent en colère. Vraiment. Puisqu'ils sont ceux qui touchent le plus profondément.

Pas pour Rose, non ! Rose a vécu l'éveil à mes côtés. Elle est la seule à avoir compris ma lettre. Elle est la seule à pouvoir rester aux côtés de sa mère dévorée par la folie et à ne pas souffrir. Parce qu'elle sait que tout ça n'existe pas. Elle sait. Elle a l'âge où ce savoir n'est pas encore complètement perdu. Les enfants sont les maîtres. Plus ils sont petits, plus ils le sont. C'est ainsi. L'âme, le cœur n'ont jamais eu besoin d'apprentissage, de règles. Au contraire. Comme la peinture sur un mur. Au début, le mur était mur. Ce n'est pas la peinture qui l'a rendu ainsi. Elle n'est qu'un masque !

Aujourd'hui je suis rentré dans ma maison. Je suis là. Et je dois faire avec les peurs qui se présentent plus souvent. Et je dois faire avec les mots. Et je dois faire avec l'argent. Et je dois faire avec les autres.

Certains me regardent avec de gros yeux. "Qui est-il cet homme qui dit tout. Sans aucune mesure ?" "Pour qui se prend-il ?" "Regardez ce manipulateur ! Il dit une chose et son contraire. Il est fou"

Que m'importe . Aujourd'hui, je sais que ceux qui ont besoin de moi me trouveront et les autres, les autres dans leur colère, dans leur peur, leur frustration, entameront le chemin. Inconsciemment. Puis quand ils seront prêts, ils accueilleront un autre maître. Que m'importe. Je sais aujourd'hui que tous m'aiment. Tous aiment tous.

Que m'importe ! Toutes les réalités coexistent ! Le bien et le mal sont la même chose. Que m'importe, tant que je reste au présent. Ouvert à tous les appels qui déferlent à chaque instant. Les limites n'existent pas. La propriété n'existe pas. Tous les maux sont les nôtres. Toutes les phrases que vous entendez dans la rue vous sont adressées. Alors tournez-vous, osez ! Osez intervenir, osez parler, osez vivre ! Vous verrez comme c'est bon.

Cinq lois à appliquer à la lettre sans aucune justification. Mais le plus strictement possible :

- Ne pas tuer (même une puce)

- Ne pas voler (même un divx!!!!)

- Ne pas mentir (dire tout tout tout ce qui vous passe par la tête. Essayez c'est très drôle et vraiment c'est le début de l'aventure !)

- Ne pas tromper sa femme ou son homme

- Honorer sa femme ou son homme à chaque instant

- Chaque mot proféré prend vie ! Donc ne pas médire, ne pas se plaindre en utilisant les mots : enfer, fatigue, etc...

Au début, on trébuche, mais dès qu'on commence à y arriver, on se rend compte que le chemin devient chaque jour plus facile.

La méditation aide beaucoup sur ce chemin. Comme se laver les dents chaque jour, méditer assis, les yeux clos et cesser d'être là, d'attendre des résultats. Juste respirer. Cela permet de laver l'écran de la peur qui nous joue des films toute la journée dans la tête. Prenez cela comme le fait de faire votre toilette. C'est capital au début pour commencer à appliquer les règles édictées par Bouddha.

Je vous aime, tous !

28 août 2012

Être père

Se coucher douloureux, se réveiller douloureux. Sûr que ce n'est pas la bonne voix qui parle, mais incapable de la faire taire. Il faudra que, rapidement, je retrouve le rituel du lotus et du flux et reflux de la respiration. Mais l'heure n'est pas encore à ça. L'heure reste au dernier round d'un combat à la vie à la mort pour tenter de faire entendre nos justesses. Le temps va trop vite pour que j'échappe aux différentes étapes.

Hier, j'ai dû dire au revoir à ma fille, au revoir à son père, au revoir à ma femme. Et je le sais d'ores et déjà, toutes ces morts ne pourront pas laisser l'amour entrer dans la maison. Ou alors au prix d'un travail si profond et si terrifiant qu'il faudra à cette femme magnifique faire ce qu'elle s'est toujours refusée de faire : regarder les choses telles qu'elles sont, ne pas juger, ne pas justifier, contempler le désastre et en rire franchement. Prête enfin à relever ses manches pour reconstruire pierre après pierre ce que sa peur a si méticuleusement détruit.

On ne peut construire l'amour en tuant. On ne peut faire la place qu'en soi-même. Elle n'est pas elle-même aujourd'hui. Elle est le fruit de notre union, le fruit de notre foyer. Celui où j'étais le veilleur implacable. C'est de cette femme-là que l'autre homme à cru tomber amoureux. Parce qu'à travers elle, il a vu notre ouvrage. Il a senti la force de l'homme qui porte chaque mot, chaque geste et emmène les siens à ses côtés. Offrant un père adulte et un amant divin à ce havre où la paix, même si elle ne ressemblait pas à ce que communément les gens prennent pour telle, était présente. La paix et la joie. Choses si précieuses qu'elles méritent tous les combats.

Lui avait besoin de ça, puisqu'il quitte sa famille. Il abandonne les siens par le pire chemin qui soit, celui de l'illusion : la passion.

Comment fera-t-elle quand les premiers temps passés, elle sera à nouveau hantée par les filtres de la jalousie. J'y ai eu droit tout au long de notre histoire et je ne l'ai jamais trompée. Plusieurs fois, il est vrai, je suis parti. Mais jamais pour une autre. La seule autre qu'il y ait eue, je l'ai rencontrée deux mois après notre dernière séparation et j'étais prêt à construire une nouvelle histoire avec elle. Et pourtant, sa peur n'a jamais connu de répit. Comment fera-t-elle donc, alors qu'ils sont le fruit de l'illusion, de la tromperie ?!

Je n'ai jamais souhaité être intrusif. Je n'ai jamais rien fait que d'être celui que j'étais vraiment. Avec mes forces et mes faiblesses. Mais toujours honnête. Toujours. Du coup, j'ai pu travailler tout du long à devenir meilleur. Pour elle... pour moi. Pour moi avant tout, vu que ce que j'ai réussi à accomplir à ses côtés, je le garde avec moi. Et aujourd'hui, je peux marcher la tête droite, assumer mes larmes et savoir que ce ne sont que des larmes, être encore plein d'amour pour elle, pour lui, pour ces six enfants à qui on vient d'ôter leur cadre, encore une fois.

Ce qui est dur, c'est de mesurer que si elle veut, elle peut transformer ces années de bonheur en enfer. Ce qu'elle fait déjà. En me tuant dans son âme, elle pense, à tord, lui faire une place. Lui justifier leur acte déshumanisé.

Ce qui est dur, c'est que je sais qu'elle fait fausse route ou plutôt qu'elle a choisi un détour à la végétation inextricable et qu'elle risque de beaucoup souffrir si elle veut continuer à cheminer. J'espère qu'elle en aura la force. De tout mon cœur, je l'espère.

Ce qui est dur, c'est de perdre mon métier d'amant, d'homme et de père pour ça ! Mais je ne lui offrirai pas ma fille en pâture, je ne lui offrirai pas une place dans mon nouveau foyer. Être père, c'est dormir dans la maison de son enfant, lui faire à manger, être là, être celui qui protège le foyer, être l'homme et l'amant qui chemine au côté de la mère et qui fait la place. Être père, c'est aider aux devoirs, écouter, donner du temps, de l'amour. Chercher aux côtés de l'enfant, les solutions les plus douces pour que l'enfant se construise et devienne le plus bel être possible.

Je ne suis plus cela. J'ai demandé à Rose de ne plus m'appeler papa. Ça m'a déchiré les entrailles et j'ai senti la peur tenter de s'engouffrer dans mon ventre. Mais j'ai tenu. "Tu m'appellerais papa quand je ferai le travail de père. Quand tu seras sortie du foyer de ta mère. Alors nous nous retrouverons. Et nous pourrons cheminer côte à côte. Et je pourrais devenir le grand père de tes enfants. Cela personne ne pourra me l'enlever. Ton père aujourd'hui c'est Emilio. Et demain, peut-être, ça en sera encore un autre. Ton père, c'est l'homme qui vit au côté de ta mère. Ou alors, tu pars avec moi, mais cela veut dire que tu es prête à quitter ta première mère. J'ai été le père de Simon et de Jeanne. Pendant toutes ces années. J'ai tant souffert de ne pas avoir cette place. Ne fais pas ça au prochain qui entrera dans la maison de ta mère. Nous nous aimons plus que tout et je serai toujours ton géniteur, celui qui t'a donné la vie. Ça oui. Mais aujourd'hui tu ne peux plus m'appeler papa. C'est un mensonge. N'aies pas peur, personne ne pourra me faire disparaître, que moi. N'aies pas peur, notre histoire d'amour est plus grande que tout. Elle ne souffrira de rien vu qu'elle n'est pas nourrie de mensonges et de peur. N'aies pas peur. Va, va ton chemin. J'ai confiance en toi. De tout mon être. Et si tu as besoin de moi, je suis partout à l'intérieur de toi. J'ai été là presque chaque jour pendant tes onze premières années et je te laisse déjà si forte et si belle. Ne t'inquiète pas pour moi. Je ne m'inquièterai pas pour toi, je te le promets. Va. Va et Vis !"

Oh oui, je lui ai dit tout cela. Et à chaque mot, j'ai cru m'évanouir, mais je savais, je sais que c'est ma vérité. Je sais que tant que je suis hors de sa demeure, jouer aux parents séparés est la pire chose qui soit. Pour nous tous.

Ouf!!! Quelle journée ;))

26 août 2012

L'amour... (suite)

Matin... De la peinture blanche sur les mains, un café, une cigarette, le ciel clair et frais du vent qui nettoie. Le ciel bleu. Bleu comme l'absence de couleur, bleu comme le vide, bleu comme la place toujours plus étendue.

Après, quand mes dents seront fraîches, quand mon visage sera lavé de la couche de sommeil et de peaux mortes de la nuit, après, je partirai.

J'ai eu, tout au long de cette rupture, de la rupture avec la femme que j'aimais, pendant un mois et demi, la chance de rencontrer les fantômes de mes craintes passées. Je les ai vues, à distance, dans le miroir de ses yeux, dans le miroir de sa voix, de ses gestes. Et j'ai découvert tant de choses.

Cette nuit, lors de notre dernier combat, de ce combat à mort pour sauver l'amour et la beauté, j'ai retrouvé la superbe de ma voix d'avant, pleine de force et de justesse, le corps tendu comme l'arc, affuté ! Samouraï au sabre de verbe tranchant comme un rasoir, fulgurant. Et j'ai compris que même si mon chemin était celui de Bouddha, j'avais en mon sein l'âme d'un guerrier. Un guerrier de lumière, un guerrier pacifique. Comme me l'a dit cet ami, ce double, lui qui s'appelle le Royaume de la Paix et que je n'ai pas compris, de prime abord, quand il m'a offert ce nom. Oui, je suis ce sage qui porte les armes et qui défend la parole vraie de l'amour. Oui, je suis celui qui est prêt à affronter la mort, sans peur et sans remords pour un seul mot, juste. Et -je le comprends en ce moment- cela, depuis toujours. Même quand je n'étais qu'un enfant de trois ans.

Chacun d'entre nous porte un ou plusieurs dons. Chacun à un rôle à jouer. Chacun. À cela, vous n'échappez pas. Vous êtes peut-être trop encombré pour vous en rendre compte ou simplement, trop fatigué, trop blessé pour entendre la voix en vous et hors de vous qui vous montre la route.

Et cette nuit, au bout de deux heures de combat, j'ai fini par la toucher. Par lui faire entendre, le temps d'une seconde, que si elle partait pour un autre, notre histoire n'y était pour rien. Qu'elle avait juste rencontré sur sa route quelque chose de beau et que cela suffisait. Qu'il n'y avait besoin d'aucune justification ou raison "valable". La vie ne se justifie pas, elle vit. L'amour ne se justifie pas ou alors il n'existe pas. Commencer une histoire en tuant une partie de soi, en tuant son histoire, c'est demander à l'amour de planter la lame dans son coeur, ce que l'amour fera, quoi qu'il lui en coûte.

Plus je l'entendais se justifier : dire qu'il y a huit ans, je lui avais dit ça ; qu'il y a cinq ans, j'étais parti ; qu'elle n'avait au fond que désiré me quitter sans jamais en avoir la force et que cet homme lui donnait le courage de passer à l'acte, plus j'entendais la puissance et la profondeur de son amour et, en même temps, l'insupportable douleur de la voir détruire ce qu'elle avait construit avec tant de patience et d'amour pendant douze ans. L'insupportable douleur de l'entendre se détruire elle-même !

Beaucoup d'entre nous font cela. Ils construisent sur des charniers. Ils s'enduisent de boue et de mensonge. Puis, une fois le mal fait, ne comprennent pas pourquoi il est si difficile de vivre côte à côte. Pourquoi celui qu'on a senti aimer nous fait trembler. Pourquoi quand on l'embrasse, on a un goût de sang en bouche. Bien sûr, rien n'est irréparable. Rien. Il suffirait, là encore, de reconnaître que simplement on en avait besoin pour faire le pas, pour faire la place. Que là encore, seul l'amour existe et l'histoire bâtie sur des cadavres verrait fleurir toutes les essences, sur le meilleur des terreaux. Mais, comme ce qui pousse l'être à détruire, à fuir, à tuer : la peur, le plus souvent, empêche même d'entendre pourquoi ce malaise s'est installé.

Cela n'est pas grave. Rien ne l'est. Pour nous, il y a, quand même, fruit de cette magnifique et immense histoire d'amour, une fille. Une fille de onze ans qui entend sa mère dire qu'elle aurait voulu ce nouvel homme douze ans plus tôt. Que son père, elle ne l'a pas aimé. Qu'elle était avec lui par peur. Et l'enfant qui porte le couple au cœur de ses veines voit son être amputé, déchiré.

Bien sûr, il peut vivre avec. Tous le font. C'est triste, mais là encore, ce n'est pas grave. C'est juste plus long et douloureux de faire le chemin qui mène à la paix. C'est tout.

Ce matin, je vais partir. Je crois qu'elle a quand même entendu quelque part combien notre amour était beau, je crois qu'elle est, très loin, rassurée de voir que je porte les fruits de notre histoire, fier et fort, sûr d'avoir passé les plus belles années de ma vie à ses côtés.

Et lui va arriver. Aujourd'hui. Et ce soir, il dormira dans la chambre où j'ai dormi douze ans. Bien sûr, j'ai fait ce qu'elle n'avait pas fait pour nous, malgré mes demandes. J'ai jeté le lit dans lequel nous nous sommes tant aimés. J'ai enlevé chaque trace de moi dans cette vaste maison. Photos, peintures, livres, affaires. Je leur ai offert un espace vide où ils auront plus de chance de pouvoir s'aimer. Mais, au fond, ils sont les seuls à pouvoir le faire.

Moi, le guerrier pacifique, je peux partir l'âme en paix. Espérons qu'ils arrivent à sortir de leur jeu de bourreaux et qu'ils s'aiment assez pour défaire les peurs qui les encombrent, une à une et qu'enfin, ils puissent dire tout l'amour qu'ils portent pour chacun d'entre nous, tout le temps, toujours. Espérons-le pour eux, pour ma fille, mais aussi pour chacun d'entre nous. ;))

Bonne journée à vous.

25 août 2012

L'amour...

J'ai regardé le ciel zébré de nuages et j'ai eu envie de pleurer.

J'aurais été prêt à mourir pour elle. J'aurais été prêt. À tout vivre ! À tout encaisser ! À tout perdre, tout donner.

Et voilà que le jour se lève et que ce don reste planté en travers de mes côtes fêlées. Et voilà qu'en réalisant qu'ici, je suis descendu pour aimer, je réalise, aussi, combien cela peut être insupportable pour celui qui n'y est pas prêt.

Aimer, c'est dire. Aimer, c'est être prêt à donner notre vérité à n'importe quel prix. Aimer, c'est laisser la place à l'autre de tout sans juger, jamais. Aimer, c'est rendre chaque jour le dernier. Aimer, c'est accepter de disparaître. Aimer, c'est se donner, se donner, se donner. Et au moment où la nuit revient, c'est veiller sur le sommeil de l'autre et empêcher les cauchemars d'entrer, quel qu'en soit le prix. Aimer, c'est être prêt à mourir, vraiment, à chaque instant, pour le moindre des caprices. Aimer, c'est vider l'espace du passé, vider l'espace de soi et laisser l'autre libre de tout détruire en lui montrant une confiance sans bornes, sans peurs, sans attentes. Aimer, c'est la vérité des saints, de Jésus, de Bouddha, de Mahomet. Et c'est si grand à vivre ! Si grand ! Ce n'est pas un sacrifice, c'est s'offrir le royaume de Dieu, ici et maintenant.

Certains, comme moi, ont besoin d'un autre pour le rencontrer. D'autres ont besoin d'eux-même, d'autres ont besoin de tous. Qu'importe ces choix, qu'importe. Le plus important c'est le chemin et, plus important encore, d'avoir l'honnêteté de mesurer l'étendue de l'ignorance. Pas l'ignorance des codes mis en place par nos différentes cultures, mais l'ignorance du cœur. Ce cœur dont nous étions maîtres enfants ! À l'époque, nous étions de grands sages ! Chacun d'entre nous ! Des êtres d'amour et de lumière. Le reste : chaque mot appris, chaque limite posée par l'apprentissage d'une réalité partiale et tronquée n'est qu'un scalpel qui coupe notre conscience, notre confiance, notre amour. Un bout, puis l'autre !

Ce n'est pas la faute de nos parents, leurs parents, avant eux, avaient fait pareil ! "tu vas tomber!" Tomber n'existe pas ! Tomber est un choix ! Tomber n'est qu'une des visions possible de la réalité.

Chaque fois que vous affirmez quelque chose comme étant vrai et que vous sentez en vous l'insupportabilité monter, alors c'est que, quelque part en vous, l'enfant n'y croit pas de toute son âme. Il a juste peur de se faire gronder, de se faire traiter de fou, qu'on se moque de lui, de son ignorance. Qu'on le jette sur le bord. Hors du monde.

Mais cela n'existe pas. Rien ni personne ne peut vous jeter. Rien, ni personne ne peut vous abandonner. Tout aime. Mal, blessé, pris dans des engrenages qui en rendent impossible l'évidence, mais tout aime. Tout !

Je n'ai rien d'exceptionnel. Ce qui est exceptionnel, ce sont les rencontres que j'ai faites. C'est cette mère qui s'est battue toute sa vie contre des fantômes qui n'existaient pas et qui a su me donner le verbe pour créer ; et qui a su, malgré le poids sur ses épaules, ne pas briser l'enfant qu'elle aime toujours autant. Ce qui est exceptionnel, c'est l'amour de cette femme qui, pendant douze ans, m'a tiré du bon côté du chemin jusqu'à me libérer complètement, me protégeant , sans même le savoir, de tous les fantômes qui l'ont tant blessée ! Ce qui est exceptionnel, c'est chaque être croisé sur ma route, c'est nous tous réunis en un seul et qui s'aime, qui s'aime, qui s'aime à en crever.

Tout ça est à vous. N'ayez plus peur. Chaque personne que vous rencontrez, vous pouvez lui parler sans peur. Comme si vous parliez à vous-même. Simplement. Et chacun vous aime comme vous aimez tout le monde. Cessez donc d'aller contre. Parce qu'alors vous vous brisez. Parce qu'alors vous emmagasinez du dégoût, de la haine. Vu que vous allez contre vous-même. Contre ce que vous dicte tout le reste de votre être.

Si vous savez faire ce pas. Si vous arrivez à dire : "je ne sais pas" et sentir le rire vibrant de la vie monter en vous, si vous réalisez que chaque acte qu'on appelle "méchant" dans notre monde est juste un acte construit d'ignorance et de peur, alors vous découvrirez que le paradis est ici. Juste là. En vous et autour de vous. Partout.

Attention... Je ne dis pas la vérité, mais ma vérité. Et si elle ne vous fait pas envie, alors crachez là ou plus gentiment, laissez là à d'autres, à ceux qui la sentent juste. Si ces mots ne vous siéent pas, ne les laissez pas même vous toucher. Il n'y a que votre réalité qui compte. Il n'y a que votre réalité qui existe. Le reste n'est que combat et peur, malêtre, malvie et cela n'existe que tant que vous en aurez besoin.

Je vous aime. Tous autant que vous êtes. ;)

 

16 août 2012

Réponse au commentaire de Chatterley

Chatterley a ajouté un nouveau commentaire sur votre message "Pour l'enfant..." :

Je ne vous suis pas quand vous écrivez que tout ce qui arrive c'est nous qui le créons. Ce n'est pas nous qui créons "les mots bien dits par d'autres" ce que veut dire bénédiction. Ce n'est surtout pas un enfant qui crée la séparation de ses parents... En général c'est ce qu'il croît et il s'en sent culpabilisé, à tort. Il lui faut faire avec, savoir qu'il y a des points d'amour dans l'Etre, les réserves infinies d'être, dans la création, les rencontres, investir son chemin, s'appuyer sur ce qui est bon, tenter d'éviter les pluies d'empêchements.

Par ailleurs, je ne comprends pas que vous puissiez définir l'arrivée d'un nouvel homme dans la vie de sa mère, comme père. C'est d'abord le nouvel amoureux de sa mère, puis si cela devient un nouveau couple, son rôle sera ce qu'il en écrira dans la quotidienneté. il peut devenir un point d'appui, une autre instance tutélaire. Son père de naissance et d'éducation restera son père.

Ma réponse :

 

Merci. Merci de votre message et merci de vous autoriser à poser ces questions. Je pense que ceux qui suivent le blog habituellement ont été, comme vous, déroutés, vu le peu de réactions que cet article a suscité. D'habitude, les mentions "j'aime" de Facebook suivent les publications et là, si l'article a bien été lu -je peux le mesurer- le silence qui l'entoure raconte une gène que vous venez peut-être libérer. Donc merci et surtout ne perdez jamais cette confiance qui vous fait chercher et tenter de comprendre.

Pour ce qu'il en est de cette lettre, s'il est vrai que dans notre monde, s'adresser ainsi à une petite fille de dix ans est assez incompréhensible. Mais oui, personne ne pourra m'en faire démordre, je pense que dès sa venue au monde, on choisit. Un bébé ne choisit il pas de pleurer, de sourire, d'ouvrir ses yeux et de les fermer ? Un bébé qui pleurera pendant trois ans sans discontinuer ne jouera-t-il pas un rôle dans la relation de son père et sa mère ? Bien sûr, dans notre approche de l'homme, dans cette illusion qui consiste à dire que l'enfant apprend et développe sa personnalité et qu'il deviendra responsable qu'au moment de sa majorité, une telle lettre est insupportable ! L'enfant comme nous tous est fait des mêmes particules élémentaires qui n'ont pas d'âge. En cela nous sommes tous égaux et un. C'est un fait maintenant reconnu par la science que ces particules sont "intelligentes". Donc un enfant choisit. Il participe aux choix de tous ceux qui croisent sa route. Nous voudrions l'empêcher. Croire que pour faire ça, il faut être adulte, maîtriser une langue, etc. Mais ce n'est pas juste et je sais que vous le comprenez, chère Charterlley.

Quand à ce que je lui dit sur le père. Bien sûr pour sa mère, il s'agira avant tout d'un amoureux. Mais elle n'est pas sa mère, elle est une enfant. Et chaque homme qui entrera dans la maison de sa mère sera dès lors un père potentiel pour elle. Alors je souhaite qu'elle les accueille comme tels et qu'elle ne cherche pas à jouer le jeu des hommes tristes. Qu'elle profite de tous ces pères, fussent-t-il un ou mille.

En espérant de nouvelles rencontres et des mots qui amènent vers la compréhension. Je vous salue avec respect et amitié.

 

P.S. Vous parliez aussi de culpabilité. Mais pour parler de culpabilité, il faut parler de faute. Qui nous dit qu'il s'agit là d'une faute et qu'elle ne nous ai pas aidés, tous les trois, à faire un pas, à grandir pour nous rapprocher du bien vivre. ;))

Alexandre

 

Pour l'enfant...

Après mûre réflexion, ce message envoyé à ma fille de onze ans qui traverse en ce moment notre séparation, je le dois à vous tous et vous le donne à lire, si vous en avez envie.

"Petit amour. Tendre et magnifique jeune fille. Lumière.

Edimbourg est magnifique et j'y suis heureux, vraiment. Content d'avoir pu finir cette histoire comme ça, sans trop de heurts. Avec toujours autant d'amour. Maintenant, il te faudra faire sans moi. Pendant un temps. Je ne supporterai pas que tu sois l'instrument de cette histoire. Parce que si tu en es le fruit, le point d'orgue, la pièce la plus belle, ce qui se passe, ici, entre un homme et une femme, un couple, ne te concerne pas. Et surtout, il n'impose en rien ton adhésion à quoi que ce soit. Reste libre. Toujours. Écoute ta voix intérieure.

Écoute celui que tu appelles Bouddha et qui parle à travers toi. Il s'agit en fait de ta voix intérieure. Comme chacun d'entre nous, tu portes bouddha ou Jésus ou Dieu même si tu préfères, dans ton cœur. Tu es bouddha. La meilleure partie de toi l'est et l'a toujours été. Ne doute jamais. N'ai jamais peur. De rien.

Tout ce qui arrive c'est toi qui le crées. C'est toi qui le fabriques. Il te suffit d'une pensée, d'un mot et hop, cela apparaît et existe. On ne subit jamais rien. On choisit tout. Même l'endroit où tu nais. Même tes parents. Même le fait qu'ils se séparent. C'est toi et toi seule qui le choisit. Et si tu as choisi ça, c'est que c'est le mieux pour toi. Pour devenir pleinement la plus belle femme que tu portes. Un être d'amour et de lumière. Un être évolué et qui refuse tout ce qui sonne faux.

Tu vas devoir traverser une épreuve difficile et je ne serai pas là, mais si tu aimes ta mère -et tu l'aimes, il n'y a aucun doute !- Tu dois être honnête tout le temps. Et savoir la laisser régler ses problèmes seule.

Elle pense que les autres peuvent l'aider, mais elle se trompe. Ce n'est ni le rôle d'un amoureux, ni celui d'un enfant. Et pourtant ce sont là les deux qui l'aimeront le plus. Il faut que tu acceptes que tu ne peux rien pour elle. À part devenir la plus belle femme possible. À part réussir ta scolarité. A part lui faire entendre que tu es là, si elle le veut, mais pas pour porter son fardeau. Ça, elle est la seule à pouvoir le faire.

Si un nouveau père entre dans votre vie, sache que comme tous les êtres humains, il porte une part de moi. Alors aime le. Ne lui fait pas payer. Sache que tous les êtres humains sont ton père et ta mère comme ils sont les miens et ceux de ta mère. S'il en manquait un seul, tu ne pourrais être et devenir celle que tu es.

Il n'est pas sûr que je t'écrive à nouveau. Mais je te lirai. Et sache que je suis tous les jours là à tes côtés. Écoute tes sensations ! Crois à tout ce qui passe par ta tête. Tout est vrai. Quand tu me sens, c'est que je suis là et alors si tu veux me faire un câlin, tu le peux. Sans retenue. Personne ne pourra jamais nous prendre ça. Que toi ! Donc fais attention à ne pas écouter les mauvaises voix qui ont peur et ne veulent pas qu'on soit si heureux, aussi simplement. Fais comme ils te disent, accepte les règles, mais ne laisse pas leurs mots entrer en toi. Respecte les lois, respecte leurs codes, mais sache que ce ne sont que des lois et des codes, pas la vérité, pas l'unique réalité.

Je t'aime d'amour et d'au delà.

Courage princesse.

Tout ce qui arrive doit arriver. À toi de comprendre pourquoi tu as fait ces choix. Comme nous devons comprendre, ta mère et moi, pourquoi nous avons choisi cela. Il n'y a pas de faute, juste un chemin.
Mille bisous.

Papa

Envoyé de mon iPad"

À bientôt.