15 juillet 2008

Et la suite ?

Pas très bavard ces derniers temps...
Pas qu'il ne passe rien, non ! ni qu'il s'en passe trop... je goûte depuis une semaine un petit moment de vacances qui me submerge tout !

C'est le temps d'abandon avant celui de l'action. Le temps où l'on tente de faire le point. Sur ce qui a été réalisé et ce qu'il reste à faire... et le constat n'est pas glorieux ! Non ! Toujours au même point, quasiment ! C'est vrai que j'ai inscrit encore un spectacle au ciel de ma vie, mais il n'aura joué que trois fois et je ne vois pas aujourd'hui comment il pourrait en être autrement. Peut-être n'ai-je pas les épaules pour mener ces histoires plus loin que là où elles tombent ? Peut-être n'en ai-je pas le talent, ni la force ? Je n'ai pas encore 34 ans... je regarde mes muscles fatigués, mes yeux cernés et mon espoir froissé. Je regarde les pas derrière et je compte ce qu'ils m'ont coûté. Je regarde le chemin devant et je ne vois pas comment je pourrais continuer à porter ce corps abîmé sur ce si long chemin. Éternelle côte !

En même temps... en même temps, les années qui passent me lavent des scories de ce monde dégénérescent. A chaque effort, je perds un rêve imbécile. Un rêve de pouvoir, de possession, de richesse, de gloire. Et ne m'en porte que mieux ! Sûr d'être là où je le dois et de tenir ce qui est précieux vraiment au creux de cette paume calleuse, aride, sèche de tant de combats.

La fin d'année aura été dure ! (et oui je compte en années scolaires comme les enfants!) J'y ai perdu ma place au sein de la Maison du Japon en Méditerranée et plus grave", mon accès au Théâtre Nô d'Aix en Provence, j'ai vu l'ébauche de mes "Illusions Tragiques" refusée par la fondation Beaumarchais au profit d'oeuvres débiles et vulgaires! Et je regarde Atsumori se délité petit à petit, sachant que chaque heure qui passe nous rapproche de la dernière. Sachant que ces dates espacées nous coûtent plus qu'elles nous offrent. Et pourtant, comme elles m'ont coûté ! Pour les négocier, les mettre en place, les obtenir ces trois dates ! Trois ! Et le travail pour le faire exister. L'adaptation, les réflexions, les voyages, les répétitions, les costumes cherchés à Paris, les acteurs à convaincre, les heures passées sur scène et hors scène... une vie ! Est-ce que ce spectacle mérite ça ? Non, je ne crois pas... Atsumori s'en va... il disparaît un peu plus chaque jour. Emportant avec lui sa jeunesse pas vécue et notre maturité à venir. M'arrachant au coeur une poignée de rêves. Me montrant face à ceux que j'ai tout fait pour emmener avec moi, un petit capitaine de pacotille !

Est-ce que je suis sans fond ? N'y a-t-il pas un moment où je ne pourrais plus faire un pas de plus, submergé par mes blessures ? Combien d'années encore tiendrais-je avant de jeter l'éponge ?

Pourtant au fond de moi, je sais bien que mon parcours est juste ! Je le sais... Quand je regarde ces phrases inscrites sur mon ciel, je le vois bien ! J'ai réalisé ce que j'avais à réalisé. Avec des erreurs, bien sûr. Avec des maladresses aussi. Mais les mots qui sont là sont bien les miens et je les porte avec la même ferveur qu'au premier jour. Sûr de pouvoir mourir à chaque instant sans regret. Sans regret et sans peur.

Parce que ceux dans ceux qui ont vu mes oeuvres, il ne se peut pas que personne n'ai subi de transformation profonde. Il en existe au moins un, au moins deux. Et qui aujourd'hui portent le sens de mon combat ailleurs, autrement. Forts de cette chair que j'ai abandonné à eux, sans autre volonté que de partager l'indicible.

02 juillet 2008

Pause...

Petit jour de pause...

Juste là, en équilibre. Entre ici et ailleurs. Entre hier et demain. Debout. Les yeux en dedans et le souffle sourd de celui qui étire le temps jusqu'à l'épuisement, mais là. A écouter le tourbillon des questions qui assaillent dès que le corps n'est plus sollicité. Combien de jours encore ? Pourquoi ? Pour qui ? Et la mort... me prendra-t-elle ce soir ou me laissera-t-elle quelques jours de répit ?

J'ai tant de choses à bâtir.

Je pense souvent à Alexandre le Grand ces temps-ci. A cet homme qui en a mené tant d'autres avec lui, capable de sortir de ses entrailles la dernière goutte d'espoir pour l'offrir en pâture à ceux qui ne pourraient jamais le comprendre. Obligé de fouler au pied son propre coeur, pour faire taire les tremblements et les larmes, pourtant si légitimes. Peut-on faire autrement quand on sait que des milliers et des milliers de vie s'en remettent à vous, complètement ? Être un chef veut dire accepter de porter la terreur de l'ignorance enfoncée dans la gorge et le sourire dessiné au scalpel. Enfant condamné à la solitude exemplaire de celui qui jamais ne peut délasser ses muscles. Parce qu'il porte, parce qu'il portera coûte que coûte tous ceux qui se sont mis sur sa route. Tout ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas porter. Et cela pourquoi ? Pour la gloire ?! Non, pas pour la gloire... la gloire ne veut rien dire. La gloire n'est qu'un mot pour l'après, pour l'autre, mais jamais pour le présent, ni pour soi. Par hasard, peut-être. Par amour, possiblement. Pour la fragilité d'une âme qui se sait pas à sa place et qui préfère se faire dévorer que de rester assise là, immobile !

Quels artistes aujourd'hui peuvent en dire autant ? Peu... si peu ! Pourtant, nous sommes censés être de cette essence. Nous nous devons d'être de cette essence. Nous nous devons d'être des martyrs. Pas de faire pour réussir, mais parce qu'il ne peut en être autrement. Parce qu'une âme de cette nature ne peut supporter d'être assise là à attendre. Elle préfère la beauté de la mort à l'horreur de l'immobilité. Elle préfère la puissance des yeux crevés au tison que la lâcheté de l'aveuglement. Elle préfère le goût du sang sur la langue que le confort d'une nourriture qui endort et empâte.

Nous avons le devoir de nous tuer à la tâche. Pour que tous les autres puissent vivre ! Pour que tous les autres vivent....

26 juin 2008

Vivre...

Le 25 juin 2008, nous avons joué "Atsumori" une deuxième fois à l'occasion du Festival Musique dans la Rue. Bien sûr, comme vous le savez si vous suivez nos aventures, nous n'avons pas eu les moyens de mettre en place la structure que nous voulions faire pour mettre en valeur ce Théâtre Nô, le seul hors du Japon. Mais nous nous sommes battus. Et ce que nous n'avons pas eu avec des sous, nous l'avons eu grâce au courage, à la confiance, à la foi et la mâturité de ceux qui nous accompagnent. Ensemble, nous avons bâti autour de ce théâtre, un écrin fait de bric et de broc, mais avec tellement de soin et d'attention que le résultat en était saisissant. Le public ne s'y est pas trompé, puisqu'il est venu 300 personnes. Ce que j'amais le Théâtre Nô d'Aix en Provence n'avait vu. Et moi je n'avais jamais vu le Théâtre Nô d'Aix en Provence comme ça. Un vrai grand et beau moment de vie.

Se réveiller, épuisé...

Le ciel n'a pas bougé, l'air semble porter le même regard qu'hier et pourtant...

Pourtant, accompagné d'une dizaine d'hommes et de femmes, Je viens de remporter ma plus belle bataille !

Pourtant, j'ai vu les visage de mes paires lavés par la fatigue et le soleil brûlant sur leur dos. Pas un n'a fléchi, pas un n'a abandonné. Pas un ! Sur le champ de cette ultime bataille, avec tout leur courage, toute leurs forces, leur générosité, ils se sont donnés jusqu'au delà. Si beaux, si grands. Des messagers de l'Homme... de l'Homme qu'on ne voit plus!

Merci Marc, merci.

Merci Fred, merci.

Merci Manu, merci.

Merci mes acolytes, Killian et Stéphane, merci.

Et toi mon amour, ma douleur, merci.

Et vous, mes amis et partenaires de scène, merci.

Ensemble, nous avons réalisé ce que souvent plus personne n'ose. Avoir la folie d'y croire et se donner les moyens de le partager. Sans rien attendre en retour que le partage !

06 juin 2008

Et voilà qu'Ozu...


Vendredi...
et pas une seconde avant ce jour pour venir vous trouver !
La fin du stage s'enchaîne avec une aventure passionnante, la création d'une bande son jouée en direct sur le film : "Histoire d'Herbes Flottantes" de Yasujiro Ozu.

Nous avons cinq jours pour finaliser cet instant de cinéma.

Avec Marc et Gilles -installés dans le salon qui devient, pendant cette courte période, un studio de création où l'on peine à circuler parmi les instruments de toute sorte : piano, saz, violon, guitare et son lot de pédales, xylophone, percussions, psaltérion, etc. Avec le lot d'amplis, les câbles qui serpentent dans cette pièce plutôt grande, au demeurant, les fenêtres calfeutrées par des couvertures et le rétro-projecteur qui souffle à nos oreilles toute la journée- nous découvrons ce film à chaque cession, un peu plus. Comme un partenaire de scène. Et quel partenaire !

C'est drôle comme le film, cet objet devient au fil des heures un être, presque vivant. Comme s'il profitait de notre attention et de notre attitude pour nous révéler des choses qu'il garde pour lui, dessous.

Les acteurs prennent du relief, les personnages de la chair et nous vibrons tous les trois en les accompagnant. Instants de vie de ces gens du voyage, de ces saltimbanques qui nous ressemblent. Si émouvants dans leur abord, si singuliers aussi. Rose s'endort sur le canapé, c'est l'histoire que son papa ne pourra pas lui raconter ce soir, parce que ce soir il est au Japon, dans les années trente et qu'il ne pourra pas revenir. On fait des pauses. On sort fumer des cigarettes, le film imprimé sur la rétine. On ne parle pas beaucoup. On écoute. Je porte Rose jusqu'à son lit..."je reviendrai bientôt mon amour..."

Et puis, c'est Jeudi. On se lève aux aurores. On défait notre studio pour l'emmener à l'Institut de l'Image d'Aix en Provence. Moi, je file retrouver Xavier, le régisseur son, au local d'Aix en Musique, pour charger avec lui le matériel qui nous permettra de retranscrire le salon dans cette salle Armand Lumel de la Méjane à Aix. On s'installe. Face à l'écran, en arc de cercle. On déplie notre matériel. Ce soir, sur cet écran vide, l'histoire de ces Herbes Flottantes se jouera une nouvelle fois.

J'ai peur. Je ne suis pas musicien. Je suis juste un homme de théâtre qui voudrait pouvoir transmettre ce que le film m'a offert pendant ces journées. Juste montrer au gens la chair de ces êtres, si sensible ! Et ne pas rater ce rendez-vous avec eux. Je pense au petit garçon, au chef de troupe, à ses femmes et son fils. Se centrer, se concentrer pour leur laisser la place de traverser les cent spectateurs qui seront là ce soir.

Il est vingt heures, nous descendons des loges. Habillés de Hakamas noirs, nous longeons les gradins pour nous mettre en place devant le film. Nous sommes les samuraï des temps modernes, prêts à mourir pour la justesse d'un geste... Nous nous installons, nos regards se croisent une dernière fois. La salle plonge dans le noir et tous les trois nous plongeons avec eux.

Je crois que nous avons réussi. La salle est muette, accrochée aux visages qu'Ozu sait si bien filmer. Et nous sommes ailleurs, avec eux, ensemble. Une parenthèse ! Un instant se suspension ! Une expérience avec tout ce que ce mot garde en lui pour ceux qui savent s'y risquer, humblement.

Aujourd'hui, c'est Vendredi. Marc et Gilles sont partis tôt ce matin. Moi, j'ai dormi. Il est 15h maintenant et je n'arrive pas à sortir de là. Je repense à ces hommes et ces femmes qui sont sur cette pellicule et avec qui j'ai fait un voyage qui restera inscrit pendant encore longtemps sur la face interne de ma rétine.

Merci à toi Yasujiro !

31 mai 2008

fin de stage...

Ca y est, le stage avec les enseignants est fini.
Trois journées de six heures pour essayer de donner à ressentir ce que des formes très strictes comme le Nô peuvent offrir comme appuis à ces hommes et ces femmes qui accompagnent leurs élèves et voudraient les aider à devenir des Hommes. Mission difficile s'il en est ! Et en même temps, mission capitale. Parce qu'en leurs mains à tous passent ceux qui décideront du monde de demain et qu'ils ont à se confronter à des dérives de plus en plus lourdes et meurtrières. Souvent face au mépris et à l'ignorance de ceux qui les entourent.

Gens de la télévision, gens des médias, tueurs nés, tueurs en série ! Comment pouvez-vous continuer tous les jours à souiller les pages d'aujourd'hui et de demain ? Comment pouvez-vous ne pas vous rendre compte des dégâts que vous faites ? Irrémédiables dégâts ! Et comment se fait-il qu'il n'y ait pas de gardes fous plus puissants pour vous faire face ! Un jeune qui veut devenir médecin va travailler plus de dix ans pour y parvenir et avoir le droit d'approcher un être humain et ici, on vous ouvre les portes comme cela ! Sur votre belle figure ! Et plus vous êtes dangereux, et plus vous êtes irresponsable, et plus la place vous est ouverte, alors que chacune de vos paroles touche un million d'êtres... y laissant des traces à tout jamais ! 

Le temps a perdu son fil. On construit pour l'immédiat, mais on oublie que notre temps n'est qu'un temps de passage et que ce que nous mettons en place résonnera bien plus loin que le corps ne pourra jamais nous porter. L'immédiat refuse la pensée, refuse la construction, la réflexion, l'intelligence et nous lui vouons un culte ?

Heureusement, d'autres sont là ! Ces hommes et ces femmes qui, tous les jours, accueillent vos enfants et font face. A la destruction massive dont nous sommes tous coupables ! Et c'était un vrai bonheur de les voir là, plonger dans cet univers si singulier avec tout leur courage pour découvrir ces nouveaux outils à guérir les plaies purulentes que ce monde vitesse ne prend pas le temps de panser.

Trois jours et de belles rencontres. Avec un temps devenu autre, précieux et délicat. Un peu de mon parcours et de mon chemin de bataille donné à d'autres yeux, à d'autres coeurs qui en feront de nouvelles choses, de nouveaux gestes, de nouveaux codes. Un moment de partage intense et rigoureux. Et d'espoir... oui d'espoir !

Merci à vous 15 et à toi Christophe qui a rendu cet instant possible. Je m'en vais, plus fort et plus serein, affronter les tempêtes qui se préparent.

Plus fort et plus serein.

25 mai 2008

Réveil tardif...

Tourner la page encore vibrante de ce mois écoulé au côté d'Atsumori et retrouver l'énergie de faire un nouveau pas, une nouvelle rencontre.

Mardi, j'attaque un stage avec des enseignants sur le théâtre Nô, en tout cas, sur ce qui, à mon sens, dans le théâtre Nô, peut être utile dans la formation de jeunes acteurs. A savoir une forme rigoureuse, une poétique qui fait décoller de nos problématiques pour mieux y revenir, un pas de côté qui permet la résonance et le questionnement. Un beau programme...

Du coup, il faut que je prépare ce moment de trois jours pour leur donner suffisamment de pistes, qu'ils puissent emmener leurs élèves vers ces horizons oubliés.

De quoi interroger mes approches et chercher les mots qui manquent à ce puzzle géant.

C'est toujours bon de se confronter à la transmission passive après l'active. Enfin, je crois...

Nous verrons bien !

24 mai 2008

Venez m'en parler !

Ep ! S'il vous plaît...
Si jamais vous passez par là et que vous avez vu Atsumori...
Dites m'en quelques mots, laissez m'en quelques signes.
J'en ai besoin.

un samedi sur la terre

3 jours se sont passés depuis la représentation...
3 jours où le silence est revenu aussi vite qu'il avait disparu.
Où sont Marc, Gilles, Jean-Charles en ce moment... et Pipok !
Les costumes ont retrouvé leur portant, les maquillages leur valise et le texte, l'étagère sur laquelle il a dormi dix ans avant de devenir l'objet de tous nos soins, de tous nos regards, de tous nos rêves...
Je me sens comme eux... Exactement !

23 mai 2008

l'après

Et voilà...

Voilà que ce nouveau moment s'est inscrit là où il pouvait s'inscrire.
Les journées de répétitions auront été intenses, les questions aussi. Qui jouera Atsumori ? Comment traiterons-nous ce texte venu de six cents ans en arrière ?
Nous avons fait les choix. Et c'est ainsi qu'Atsumori est né ce mercredi 21 mai à 19 heures sur le Butaï d'Aix en Provence.

J'aurais voulu vous tenir informés. Au jour le jour. Des évolutions, des questions, des choix faits... mais l'action, dans ces instants, prend toute la place et les moments de pause se passent les yeux tournés vers le ciel.

Aujourd'hui, j'ai à peine l'énergie de passer du canapé au fauteuil et du fauteuil au canapé. Épuisé, littéralement. Parce qu'inscrire coûte toujours et qu'une fois le moment passé, il semble que tout va s'éteindre à tout jamais.

Je disais dans un mail aujourd'hui qu'Atsumori a encore du chemin à faire. Sur la partie de l'esprit, en particulier. 

"Je pense que le spectacle a encore des rendez-vous à trouver pour réussir ce pari d'emporter les gens bien loin d'ici mais si proche de leur secret. Il y a sur le fil de ce chant encore quelques ruptures qui rendent le son parfois difficile à entendre et le lieu bien que magnifique n'arrange pas les choses.
J'ai hâte de le jouer dans un théâtre avec le butaï (la scène) juste signifiée au sol par un trait blanc et les costumes épurés au maximum comme nous l'avons fait avec le choix de la musique. Ca viendra, j'en suis sûr."

J'ai hâte d'y retourner. De retrouver ces nouveaux amis de coeur qui ont su avec moi faire le pari de se mettre au service d'une langue si distante et si pure, sans mettre en avant l'égo meurtrier.

J'ai hâte.

Mais aujourd'hui, je voudrais fermer les yeux et ne plus les rouvrir. Me laisser porter sur les flots sans question, sans espoir. Parce que porter ce genre de rêves coûte bien plus que les mots ne pourront jamais le dire et qu'une fois le rideau baissé, on se retrouve toujours un peu plus seul. Un peu plus dramatiquement seul ! 

19 mai 2008

J-3

Et oui ! Déjà...

Nous voilà à trois jours de la première... moi qui voulais vous tenir un journal détaillé de cette traversée ! Mais je n'ai pas une seconde de solitude et en même temps ce moment ensemble est vraiment délicieux. J'y reviendrai...