Ce soir, comme à chaque fois que je rencontre l'équipe du "Dom Juan", c'était à l'un des apprentis acteurs de faire un compte-rendu sur notre travail ensemble. Mais pas de message mail dans ma boîte... du coup, pas de nouvelles.
Elles arriveront peut-être demain matin?
En attendant, je vous offre cet extrait du film "Molière" d'Ariane Mnouchkine où l'on peut découvrir comment est né le théâtre chez Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière.
Dans cette scène magnifique, votre serviteur, alors âgé de trois ans est avec son ami de l'époque, Thomas Felix-François, fils de Guy-Claude François, l'immense scénographe et architecte. Si, si, les deux petits qui causent, c'est nous ! ;-)
A demain !
18 mars 2009
C'était à Sidney de parler... en attendant, un extrait de Molière d'Ariane Mnouchkine ;-)
17 mars 2009
Fragments d'un journal de l'homme ou la parole de Bachelard

Aujourd'hui, je reviens d'un trop grand combat pour parler. J'ai donc cherché sur cette immense toile quelques mots à vous adresser. J'y ai retrouvé Gaston Bachelard, philosophe délicieux, s'il en est et qui nous parle ici de philosophie, pour moi de création.
A bon entendeur, salut ! ;-)
"Pour un philosophe, les premières pages de son livre sont difficiles et graves, car elles l'engagent trop. Le lecteur les veut pleines, claires, rapides, faute de quoi il les taxe de littérature. Le lecteur veut aussi qu'elles lui paraissent directes, c'est-à-dire rattachées à ses propres problèmes, ce qui suppose un accord des esprits, accord que la tâche du philosophe est précisé- ment de mettre en question. La première page est à peine achevée, et voici le fil en filière. On n'a plus le temps de se reprendre, de rectifier, de recommencer. Et, pourtant, si la philosophie est l'étude des commen- cements, comment s'enseignera-t-elle sans de patients recommencements ? Dans l'ordre de l'esprit, com- mencer, c'est avoir la conscience du droit de recom- mencer. La philosophie est une science des origines voulues. A cette condition, la philosophie cesse d'être descriptive pour devenir un acte intime."
16 mars 2009
Il y a des jours... prière à entonner ensemble !
Il y a des jours où parler n'est pas à propos. Où le silence cherche le chemin pour laver nos visages.
La nuit a été si courte et la journée sera si longue. Alors se concentrer, ouvrir les pages du Yi King à la recherche du Roi Wen. Il est là. Au pied de cette immense montagne. Il est là, le sourire espiègle et l'oeil vif, toujours prêt à répondre aux questions. Que j'aime ces moments. Où assis près de lui, le poids de l'angoisse, des tourments s'envole. Libéré par ses mots qui savent mettre de l'air même au plus loin d'une porte blindée et sécurisée par mille serrures et mécanismes complexes. Lui, il lui suffit d'un mot pour l'ouvrir cette porte ! D'un seul mot, vrai... humble... à l'écoute du monde. Du ciel et de la terre d'une part, de l'homme de l'autre et de ce qui le fonde : l'amour et la justice. Avec cette trinité et les baguettes d'achillée, il a découvert ce livre-compagnon capable de changer, de muer, de grandir en fonction de votre chemin intérieur.
Dans ce livre, il m'est dit : "Cherche l'éclairage constant du Yin (la force obscure). Ne sois pas brillant comme le soleil qui disparaîtra lors de l'éclipse. Sois la Grande Ourse, qui, constante, montre le nord à celui qui se perd. Le jour de l'éclipse, tu seras celui qui guide et accompagne, qui libère, seul capable de juger."
Alors, je vous demande votre aide. Vous tous qui avez envie d'y croire, qui rêvez d'un monde de l'homme retrouvé, d'un monde où le souffle du ciel retrouvera le clin d'oeil qui le sait, priez avec moi. Et donnez-moi la force d'être cette étoile. Aujourd'hui est un jour majeur. Aujourd'hui, il me faudrait mille pensées, mille amours, mille ferveurs. Alors, nous traverserons l'océan que nous sommes venus traverser, protégés par votre amour, votre foi. Sûrs de la victoire.
Je compte sur vous !
15 mars 2009
A-t-on besoin d'un transport pour voyager? Quel est il?
Cet après midi, le devoir fut très clair: "Antoine-Baptiste, fais moi voyager."
Il a fallut que j'attende 19 ans de ma vie, pour enfin entendre une telle phrase ! Ce genre de phrase qui vous fait frémir et ressentir le moindre vaisseau sanguin de votre corps. Un genre d'huile qui, poussé par un seul battement de coeur vous purifie la circulation artistique qui est en chacun de nous.
Dans la détonation de ces mots, Alexandre en rajouta quelques uns, ceux qui sont essentiels pour marcher droit, dans une bonne direction, "ne rien avoir à prouver, et se donner." Une notion qu'il me faut enregistrer.
Aussi, j'eus droit à quelques minutes de préparations, de mise en marche de mon appareil, le temps qu'Alexandre s'étire, se détende de sa semaine de course. J'en profitais pour en faire de même mais aussi pour me concentrer et oublier l'aspect négatif et secondaire de la semaine qui prenait fin à chaque expiration.
Avec un démarrage difficile, et une idée du personnage encore trop peu claire, je me lance dans ce défit de partage.
C'est alors que je vois toute les rayures et le disfonctionnement de mon petit parcourt. Je vois que je n'ai pas pris suffisamment d'élan et que je n'étais passur la meilleure piste. Mais Alexandre est là, et me pousse avec une agilité surprenante, comme toujours. Il me pris par la main, comme jamais on l'a fait. Comme des frères d'armes qui s'attrapent par les poignets. Et ce fut immédiat.
En peu de temps je compris que la meilleure des pistes serait celle de l'immersion, j'ai plongé, tant bien que mal, et j'ai nagé vers le fond découvrant des abysses secrets, et étant surpris par "ces flocons aimants et phosphorescents", attiré par le "tourbillonnement magnétique", et émerveillé par la plume que je touchais; je compris que je voyageais, transportant avec moi Alexandre.
Ce fut court. Car le texte à cette particularité d'être extrêmement vivant, et difficilement,
linéaire. Ce texte est fou.
Une grande satisfaction m'envahit quand Alexandre, me remercia ! Cette fierté dont il me parle secrètement, je l'ai ressentit à cette instant, à la pause clope. Un sourire qui permet de voir l'air circuler à travers cet homme.
Je suis content de moi. Et je meurs d'envie de remonter sur scène et de recommencer, encore et encore. Mais je me dis qu'il faut que je préserve ce genre de plaisir, pour que lorsque je les partage ils soient encore tout frais ! En attendant, je vais les travailler, les perfectionner, sous les conseils bien placés d'Alexandre.
Nous avons finis la séance en découpant le texte, et restant dans cette bonne ambiance, celle du voyage.
Mon travail d'acteur consiste maintenant à construire et perfectionner mon personnage, je regarde donc les films qui y sont liés, j'y prend beaucoup de plaisir, et révèle les choses qui me paraissent importantes. L'architecture de mon personnage n'est pas encore bien claire, il me faut y travailler et je décide de m’impliquer comme il se doit à la naissance de ce fou.
"La plume d'ange" de Nougaro... J'avoue n'avoir jamais écouter la chanson, si il y en a une, et c'est peut-être mieux ainsi. Je ne ferais pas une présentation linéaire de ce texte, quoi qu'elle soit nécessaire pour le dossier que j'aurai à rendre, le jour de l'examen... Mais ce texte, que m'a présenté Alexandre, me tient à coeur, non seulement parce que c'est Alexandre qui me l'a proposé, mais aussi parce que c'est un texte ambiguë, un texte joueur, un texte FOU, et qui
correspond littérairement à ce qui me fais vibrer. J'attends par là qu'il y a beaucoup à tirer de ces mots, scéniquement.
De plus, le grand arbre présent dans le texte me fait penser à ce grand artiste que je découvre à chaque instant et que me fait découvrir les aspects secrets et mystiques du monde dans lequel j'évolue petit à petit et dans lequel il me guide. Alexandre Ferran.
Cet après midi j'ai compris qu'il y a d'innombrable moyen de transport pour voyager. Ne serait que pour atteindre le Studio...
Mais qu'on oublie souvent le principal. Nous. Notre être et ce qu'il contient, nos passions, nos envies, nos conditions, etc....
Alexandre m'a rappelé que par l'attitude, la voix, le corps et les détails, nous pouvons transporter qui que ce soit qui est à l'écoute. Et si il ne l'est pas, alors il faut aller le chercher. Ainsi nous pourrions changer tout ce qui déplait tant dans nos quotidiens.
Bashung est mort...

C'eut été un beau message : la journée avait été bonne. Retrouvailles sur scène avec un Antoine-Baptiste, grandi, nettoyé... disponible ; avancées, percées des événements majeurs qui se profilent, rendez-vous excitants à venir, à rêver, à mener ; soirée avec Claude Pelopidas, comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre "Ainsi de Suite" à Aix-en-Provence (Leur Site), un de ces trop rares bonhommes (un honnête faiseur de théâtre, un vrai !) de notre région.
Il était minuit -déjà aujourd'hui- quand Elise m'a appelé. "Allo, mon amour ! J'arrive... j'ai passé une bonne soirée. J'ai retrouvé Claude...". "Bashung est mort". "Bashung est mort ?!"...
Oui, hier après-midi, à l'hôpital Saint-joseph, Alain Bashung est mort d'un cancer des poumons qui le rongeait depuis trop longtemps. Jeune homme de 61 ans. Il nous laisse quelques unes des plus belles chansons jamais composées.
Je voudrais avoir la force et la générosité de le laisser partir comme cela, sans regrets... Mais j'en ai des regrets !
Des regrets, oui ! Parce que je voulais le joindre depuis longtemps. Je voulais le rencontrer et lui parler d'un rêve que j'avais fait et qui parlait de lui, d'Elle, de Nous. Et par une fâcherie idiote avec Fred au sujet des conditions de travail déplorables aux Dock (où il est le régisseur lumière, excusez-moi du peu !), je n'ai pas mené à bien ce projet. Me privant de ce dernier concert (Dock des Suds l'automne dernier) et de cette rencontre qui, si elle n'était pas gagnée, aurait été peut-être possible.
C'est rare que la mort me touche. C'est quelque chose dont je suis assez fier même ! Mais là, quand Elise m'a annoncé ça au téléphone, quelque chose en moi s'est brisé et le noir tout autour a pénétré mes os, me laissant tremblant, fébrile. J'ai eu mal, vraiment mal.
Ce matin, en même temps que je vous écrit, je lui rends mon hommage. Avec "Bijou, bijou" plein mon jardin, en boucle, offert au soleil qui réchauffe et aux oiseaux qui chantent, avec lui.
Nous allons te regretter ici. Profondément. J'aurais voulu que tu rencontres Elisabeth et qu'ensemble, nous le fassions ce spectacle. Ca t'aurait plu, c'est sûr. Ca nous aurait plu. Elle qui m'a appris à t'aimer et qui est ton amante depuis tant d'années. Elle qui t'écoute lui murmurer à l'oreille, rougissante et fébrile... Comment je vais la consoler ce matin, Monsieur. Qui va l'emmener aujourd'hui là où elle te retrouvait ? Tu nous laisses un putain de vide, un putain de mal de bide et un cri planté en travers de la gorge... Tu vas nous manquer ! Vraiment.
A plus tard.
14 mars 2009
Vis à Vies, des Vies, des vis, un voyage, du partage

Toujours sur ma terrasse et les oiseaux, plus nombreux chaque jour, annoncent leur retour. C'est le printemps qui arrive. C'est beau le printemps !
Rohhhhh ! Hier soir en rentrant, j'avais tellement de choses à vous dire... mais pas la force de les écrire ! Il était deux heures du matin, peu d'étoiles au ciel, mais de la musique plein la tête et le bonheur d'être là, simplement là.
Quand j'étais plus jeune, je voulais mourir vite, vivre vingt ou trente ans maximum, d'épuisement, d'une mort violente. Mais aujourd'hui, les choses ont bien changé ! Chaque jour me réserve de nouvelles surprises, de nouveaux visages, de nouvelles rencontres, de nouveaux voyages. Alors on en vient à faire attention à soi. A soigner ses mouvements, son sommeil (enfin quand on peut), à calmer la machine en lui disant : "attention, il te reste au moins cent à cent cinquante ans à vivre." Oui, je voudrais. Pouvoir grandir encore d'au moins cela. Pour que réellement mon corps se vide de tout le venin qui s'y cache et qu'il ne reste que la douceur et l'amour, que le sourire de regarder les gens passer, se dépasser. Et se réveiller chaque matin, en respirant le ciel de tous ces poumons retrouvés et s'octroyer une nouvelle fête. Fête de la vie, de la rencontre, de l'amour, des idées. Fête du partage, de la solitude. Fête ! Fête ! Fête !
Hier soir, je pensais au cinéma, à la télé. Je me disais que ces arts nouveaux avaient encore beaucoup de chemin à faire avant de pouvoir espérer être à la hauteur du théâtre. Nous sommes les plus vieux. Nous avons eu ce temps de maturation qu'ils n'ont pas eu et l'humilité qui leur fait tant défaut. Honnêtement, je suis sûr que la télévision est en train de mourir ! C'est déjà tellement vicié, abîmé, qu'il faudrait un miracle pour la sauver. Internet a pris le relais et en donnant la parole au monde entier, va finir de la tuer. Tant mieux. Tant mieux si les Mac Do disparaissent pour un temps. Le temps que les gens retrouvent le plaisir de manger et le goût. Tant mieux si la télé disparait pour un temps. Le temps que les gens retrouvent le plaisir de vivre et de rêver. Se donner le droit de grandir coûte, fatigue, demande des efforts. Mais qu'est-ce que c'est bon !!!! Allez. Vous qui m'accompagnez ici. Éteignez vos postes. Jetez ces tubes cathodiques ou branchez leur un lecteur DVD en guise de réponse, en guise d'espoir, de respect pour vous même. Mais arrêtez de leur laisser croire que cette nourriture pré mâchée, irréfléchie, sans aucune poésie vous convient. Parce qu'elle ne vous convient pas. Je le vois bien. Partout dans les rues, dans les informations que je glane au hasard des lectures, des radios, je l'entends. Elle ne vous convient pas.
Vous avez éteint ?! Alors respirez un bon coup. Contemplez le monde autour de vous. Écoutez... Vous entendez la place qu'il y a pour rêver et construire, rencontrer ? Les autres, mais aussi vous-même... De quoi rêver-vous ? (réponses dans vos commentaires ;-))
Ah oui ! "Vis à Vies". Quelle belle histoire ! Quel plaisir de travailler au service de cette équipe humaine, drôle, investie et en même temps si rigoureuse. Et quel spectacle ! Ce n'est pas un "Grand" spectacle, mais un petit spectacle. Comme je les aime. Humble, simple, joli, doux et qui dit des choses essentielles. Ils ne cherchent pas à vous en mettre plein la vue, non ! Ils sont là, juste là, maintenant, au présent. Ca vous requinquerait un mort ! Et on sort de là sifflotant avec l'envie de prendre dans les bras la première fille en jupe d'été croisée, pour la faire tourner, tourner, tourner... et rire !
Merci Gérard et Myriam ! De toute mon âme, mon sérieux, mon amour, j'ai essayé d'être à la hauteur de leur jeu, mais de retrouver une console lumière après tant de temps, de redécouvrir le spectacle après tant de temps a été difficile. J'ai fait des erreurs dans ma conduite malgré ma concentration et ma ferveur. Et ils ont joué avec. Les pauvres... Fabien !!!! Reviens !!! Ils auraient pu en être fâché, mais non ! Ils ne l'ont pas été. Ils ont juste dit : "La prochaine fois, on prendra plus de temps ! ". Que certains ici méditent là-dessus, ça leur ferait du bien !
Je pense à cette femme, soit disant artiste- une imbue, oui !- qui, hier, a pourri Fabien pour une erreur de conduite (lumière) et qui fait des spectacles hooooorrribles. Et qui n'a même pas la simplicité de voir que ce petit bonhomme a donné son temps, son énergie. Sans compter. Pour que son "spectacle" ressemble à quelque chose. Mal payé, mal reçu. Mais il l'a fait. Pour le public, pour le spectacle, pour lui-même. Il l'a fait.
Ne vous laissez pas abîmer, je vous en conjure ! Ils sont là les précieux, les amoureux, les honnêtes... juste à côté. Ils vous attendent, ont besoin de vous. De vous entiers, vraiment. De vos savoirs, de vos expériences, de votre confiance et de votre foi. Ne laissez pas les idiots vous en déposséder, sinon vous finirez comme eux. Respectez-vous. Toujours !
Gardez l'espoir et le courage, on y arrivera. C'est écrit ! ;-)
Bien à vous.
13 mars 2009
Pas de cigarette...
Réveil difficile... les mots d'Ariane, hier soir, qui m'ont un poil blessé, la distance d'Elise que je ne rencontre plus ces derniers jours et la fatigue ont appelé le mauvais Alexandre. Celui qui a peur, celui qui a mal, qui voudrait disparaître, là. Qui trouve tout injuste, qui appelle dans le noir : "MAMAN!!!!!!", la morve au nez, les yeux rougis de larmes devant la fourmi qu'il vient de déchiqueter patte après patte, en prenant soin de séparer, à la fin, la tête du corps. Entre ses ongles. Celui qui cherche à détruire parce que construire est long et douloureux. Qui préférerait être avalé par la mort et qu'on le laisse tranquille à tout jamais. "Taire. Se taire. Se terrer..." Début du spectacle "Elle Attend" qui raconte bien ce bonhomme là, je crois.
Et pour couronner le tout, voilà que ce matin, je n'ai plus de cigarettes !
Bon... mais le monde est bien fait. D'abord Ariane qui me tape sur les doigts ! Ouch ! Ensuite, aujourd'hui, je vous le donne en mille, je suis technicien. Au service du rêve des autres. Et je vais si bien m'y appliquer que ces vieilles blessures seront vite refermées. Oui, je remplace Fabien et vais assurer les lumières d'un petit spectacle tout joli, tout doux, avec une équipe très, très, très sympathique et très, très, très investie. Ca va me faire du bien !
Quand je n'aurai plus besoin de ces plans technique pour survivre, je vous en prie, rappelez-moi à l'ordre. C'est un à côté qui me fait trop de bien pour l'abandonner à tout jamais. Vous me le rappellerez ?
Bonne journée à vous et à demain matin !
Demain, je retrouve Antoine Baptiste et sa "Plume d'Ange" pour une après-midi de répétitions.... ça aussi ça va me faire du bien. De faire un peu de théâtre et d'arrêter d'en parler !
A vite !
12 mars 2009
Shakespeare et compagnie...
Les jours qui viennent de passer ont eu raison de mes petits rituels. Et ce n'est pas sans peine que j'ai enclenché le frein d'urgence hier au milieu de la nuit. STOOOOOOOOP ! Crissements des orteils, les yeux plus bas que bouche, un palpitant au rythme lent et inquiétant, les crocs dehors, la tête idiote... bon, j'arrête là, non ?!
Donc... Repos. Calme. Reprendre les choses au début, une par une. Caaaaaalmement.
Ouf ! Ca y est. Et me voilà à nouveau avec les amandiers en fleur dans mon jardin. A respirer l'air, à rêver loin et large, posément.
Le coup de feu est passé. Nous avons été là. Trois jours intenses et nécessaires. Maintenant, il faut reprendre du champ et réfléchir et penser la stratégie. Revoir les cartes, se mettre dans la tête de tous ceux qui sont autour, sortir les pierres du sac et les poser l'une après l'autre.
Et si je n'ai pas écrit hier (enfin si j'ai écrit, mais... pas raconté) c'est que mardi soir, je suis allé à Draguignan retrouver quelques frères de théâtre que Paul Golub (un metteur en scène, un ancien du Soleil aussi) a réuni dans sa mise en scène de "La Puce à l'Oreille" de Feydeau. Et c'était bien. Enfin, Feydeau... non, mais cette distribution, ces acteurs au plaisir non feint, non dissimulé, nous ont offert deux heures et demi de pur plaisir. Tous. Avec des personnages clairs et un jeu maîtrisé (parfois un poil trop). De vrais beaux acteurs de théâtre ! Après... après je suis resté là-bas et j'ai profité de ces amis le temps d'une trop courte nuit, avant qu'ils ne redécollent pour Paris. Martial, Rainer, Brontis et Paul que j'ai découvert un peu plus et qui est un garçon assez délicieux, en fait.
Et puis, il y a eu ces trois jours qui m'ont tant occupé, une rampe de lancement à construire à la hâte pour un rêve que je fais depuis des années et qui semble prêt à voir le jour. Je reste encore vague et je m'en excuse, mais d'ici peu, je vous dirai tout et j'aurai alors besoin de vous tous et de votre foi, de votre imaginaire, de votre ferveur. Et il nous faudra être nombreux pour réaliser ce pari fou et génial.
Ah oui ! Le titre... Ca c'est parce que avant hier, nous avons eu le bonheur de découvrir une toile du plus gand auteur de théâtre de toute notre courte histoire. Il est ici âgé de 46 ans. C'est la seule toile existante et certifiée de son vivant. Je voulais vous le présenter. Pour ceux qui n'auraient pas eu le temps de le voir ou de le savoir. Voilà la vraie tête de Shakespeare. Il est si beau, si là... vous ne trouvez pas ?!
Allez, jeunes gens, je vous laisse. Je vais reprendre le cours de mon ruisseau et vous retrouve ce soir, peut-être.
A vite.
11 mars 2009
non... en fait !
Non, en fait, ce soir, je n'arrive pas !
Trop de choses à gérer, à penser, à faire. Hier à Draguignan, ce matin ici. En trois jours, la face du monde a changé... c'est beaucoup pour mes petites épaules. Ca concocte et demain ou vendredi, ça aura un peu décanté.
Allez au repos les loulous.
Sinon, je vais faire des bêtises et là... je n'ai vraiment pas le droit ! pfffffffiou
J'aaaaaaarrrrrriiiiiiivvvvvveeeeeee
Allez !
Encore deux heures et c'est promis je viens ici vous retrouver un peu et vous expliquer mon silence du jour....
A tout !
Et un petit poème à accrocher au mur de ses yeux. En attendant ;-)
" Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
un vêtement qui vous va bien
qui vous va mal
qui vous va à peu près
vous qui passez
animés d’une vie tumultueuse aux artères
et bien collée au squelette
d’un pas alerte sportif lourdaud
rieurs renfrognés, vous êtes beaux
si quelconques
si quelconquement tout le monde
tellement beaux d’être quelconques
diversement
avec cette vie qui vous empêche
de sentir votre buste qui suit la jambe
votre main au chapeau
votre main sur le coeur
la rotule qui roule doucement au genou
comment vous pardonner d’être vivants...
Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
comment vous pardonner
ils sont morts tous
Vous passez et vous buvez aux terrasses
vous êtes heureux elle vous aime
mauvaise humeur souci d’argent
comment comment
vous pardonner d’être vivants
comment comment
vous ferez-vous pardonner
par ceux-là qui sont morts
pour que vous passiez
bien habillés de tous vos muscles
que vous buviez aux terrasses
que vous soyez plus jeunes chaque printemps
Je vous en supplie
faites quelque chose
apprenez un pas
une danse
quelque chose qui vous justifie
qui vous donne le droit
d\’être habillés de votre peau de votre poil
apprenez à marcher et à rire
parce que ce serait trop bête
à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie.
Je reviens
d’au-delà de la connaissance
il faut maintenant désapprendre
je vois bien qu’autrement
je ne pourrais plus vivre.
Et puis
mieux vaut ne pas y croire
à ces histoires
de revenants
plus jamais vous ne dormirez
si jamais vous les croyez
ces spectres revenants
ces revenants
qui reviennent
sans pouvoir même
expliquer comment.
